Alerte alerte ?! Le 4e Salon des livres et l’alerte, du 16 au 18 novembre à Paris

, par Pala

L’alerte serait-elle véritablement alerte ?!

On pourrait le penser à voir le programme du 4e Salon Des livres et l’alerte, qui aura lieu à la Maison des Métallos, à Paris, du 16 au 18 novembre prochain.
A l’échelle de notre modeste territoire national, nous pouvons déjà être saisi.es par la question de l’alerte en cette année 2018. Entre autres, nous observons deux décisions manifestement contradictoires, mais qui peuvent s’expliquer et font sens.
D’une part, a été votée la "loi sur le secret des affaires" restreignant la capacité et le droit d’enquêter pour un journaliste, comme il a pu être fait sur le cas Bolloré ou encore, dans le passé comme a pu le faire Denis Robert sur Clearstream. Cette loi retreint aussi la possibilité pour un.e salarié.e d’une entreprise qui aurait connaissance de malversations graves et/ou illégales de le faire savoir à l’extérieur, soit à la Justice, soit à un journaliste, précisément.
Songeons au cas du Médiator, ce médicament dont Irène Frachon a sans cesse dénoncé les dangers bien réels et prouvés, malgré les pressions et les menaces professionnelles.
D’autre part, est advenue la décision du Conseil constitutionnel concernant le désobéissant Cédric Herrou,condamné à quatre mois de prison avec sursis en août 2017 pour avoir transporté et accueilli chez lui deux cents migrants. Le Conseil affirme la constitutionnalité du principe de "fraternité", tel qu’il est intégré à la devise de la France bien connue "Liberté, égalité, fraternité". Répondant à une QPC (question prioritaire de constitutionnalité) portant sur un article contradictoire du code d’entrée et de séjour des étrangers, le Conseil a décidé : « Il découle du principe de fraternité la liberté d’aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national ». C’en est fait donc du "délit de solidarité", si cette solidarité est à but humanitaire.
Il reste tout de même au Parlement à réviser les termes de la loi avant le 1er décembre 2018. Voilà déjà une avancée considérable en un temps où les Nations européennes se renvoient la balle pour l’accueil et le "pavillon"de l’Aquarius, le navire de l’association SOS Méditerranée. Schengen, quand tu nous tiens, tu nous tiens bien...

La contradiction entre les deux décisions n’est qu’apparente. D’une part, le gouvernement et le parlement donnent la préférence à la marche de l’économie, au business, quelle que soit sa nature, de l’autre, une institution garante du Droit humain et de la Constitution française signale un défaut dans la loi. Ces institutions ont des fonctions, des intérêts et des responsabilités différentes, lesquelles guident leur action.

A l’échelle internationale, Assange et Snowden sont toujours en exil, déterritorialisés. Et la liste des lanceurs.ses d’alerte assassiné.es s’allonge. Daphne Caruana Galizia, Jàn Kuciak et Martina Kusnirova, Berta Caceres sont cité.es par le dossier de presse du Salon. On pourrait rajouter Marielle Franco et bien d’autres...

Daniel Ibanez, co-fondateur du salon, s’étonne que les médias "alternatifs" délaissent le salon tandis que les médias dominants en parlent. Nous en parlons donc, même tardivement. Nous en parlions l’année dernière. Nous en reparlerons...

ici le lien du site : https://deslivresetlalerte.fr/

ici, le dossier de presse :