Avant de pouvoir écrire

, par ana

En
aucun cas je ne veux faire l’apologie de la violence d’où qu’elle vienne, et pourtant !

Cependant,
je veux dire ce que j’ai ressenti et vécu, bien que fugacement, lors de la dernière manif. Mais cette fois-ci j’ai fait fi de toute prudence et n’ai pas tenu compte des recommandations ; Je me suis mise au plus près de ceux qu’on accuse de semer le désordre
et le chaos : les Black- Blocs

Habillés
de noir de pied en cap, rien ne distingue les uns des autres, légers et mobiles

à
tout moment. N’ayant pour toute arme que leur détermination, leurs corps semblent si fragiles face à un adversaire habillé pour un combat de guerre.

Ces
hommes - femmes sont nos enfants, nos frères, nos compagnons et compagnes.

Or
dans ce groupe anonyme, ils ne sont que nos camarades de lutte. Plus que libertaires :

Des
anarchistes ! Et cela me les rend si proches et sympathiques.

Alors,
ayant franchi la ligne de la prudence, et à peine à un mètre d’eux, j’ai pu voir l’offensive des ‘’forces d’en face’’ et sentir pénétrer dans ma gorge, mes poumons et mes yeux, l’âpre odeur des lacrymos et des gaz. Les yeux s’irritent et vous piquent, il
en est de même de la gorge, et votre respiration se coupe, ayant tout juste le réflexe de fuir pour se mettre à l’abri ;

Pourtant
Eux, ils ne fuient pas, ils restent là, d’un seul bloc, face à ceux qui viennent les affronter avec les armes puissantes de l’Etat. Les leurs sont celles du peuple et ils sont plus que jamais déterminés et convaincus que le combat, la lutte , ne font
que commencer. Recommencer.

Plus
que jamais, je me sens anarchiste !

Ana

Observations sur Bure et au plus près, dans la manif du 19 avril 2018