Convergence des luttes et ère du soupçon.

, par Pala

Voici, à l’occasion de deux rencontres importantes au même endroit, le même jour, samedi 11 juin, à Nanterre-Université, le moment de faire un instant de réflexion, comme disent les Italiens.
Le même jour, à l’Université de Nanterre, ont lieu deux rencontres majeures sur le mouvement social et politique. Une rencontre historique, d’étude, autour de Mario Tronti, avec quelques-unes des personnalités les plus en vue de ces dernières décennies dans le champ/camp révolutionnaire, de l’autre, les mouvements d’agitation et de grève les plus actifs dans la lutte contemporaine contre la Loi EL Khomri.
Un peu tard, ce soir, pour faire l’analyse comparative des deux textes et des propositions envisagées, mais il est temps, juste assez, pour un aperçu des attendus d’un texte et de l’autre et, à partir de là, essayer de comprendre ce qui les relie et ce qui les sépare.

La première chose à constater : l’appel pour le souvenir et l’étude de Tronti est situé, au sein de la fac de Nanterre et tout un chacun peut trouver l’endroit où ça se passe ; l’appel pour la rencontre des mobilisations en cours, en vue d’une "Révolution" n’est pas située dans l’espace de la fac, à tel point que même le site Démosphère le mentionne, comme une réclamation.
Le fait est que, à cette heure tardive - minuit passé - aucune info précise n’a été fournie sur aucun site, ni Démosphère, ni Paris-Lutte-Info. La seule chose qui apparait est une adresse de courriel par laquelle on peut poser la question, entre autres, de l’endroit exact où ça se passe. Peut-être est-ce là une façon d’éviter les indiscrets et les espions (DCRI...) ?... Peut-être pas ?...

A chaun(e) de voir

...

http://paris.demosphere.eu/rv/47724
samedi 11 juin 2016 à 9h30
Lieu : Nanterre
Université Paris 10 / Paris Ouest - Nanterre
bâtiment Max Weber (W)
Auditorium
200 avenue de la République
Nanterre (92)
RER-A Nanterre-Université
carte
159 rdv pour ce lieu
Actualités d’ « Ouvriers et capital », de Mario Tronti

À l’occasion de son cinquantième anniversaire et de sa republication en français aux éditions Entremonde, nous nous proposons dans cette journée d’étude de revenir sur l’ouvrage fondateur de Mario Tronti : Ouvriers et capital.

Fondateur, l’ouvrage l’est d’abord par les thèses qu’il énonce et dans lesquelles se réfléchit le cycle de luttes ouvrières de la première moitié des années 1960 : l’unité de la théorie et de la pratique sous la forme d’une politisation de toutes les questions théoriques, la revendication d’un point de vue partiel et partial dans la théorie, seul à même d’ouvrir un accès à la compréhension de la totalité des rapports sociaux capitalistes et de favoriser leur transformation radicale, la critique de toute vision progressiste de l’histoire au profit de la valorisation de l’auto-activité de la classe ouvrière.

C’est l’actualité, ou l’inactualité, de ces thèses qui ont fournies à l’opéraïsme sa grammaire théorique que nous voudrions explorer à l’occasion de cette journée d’étude. Il s’agira de revenir sur la trajectoire intellectuelle et politique de Mario Tronti (des Quaderni Rossi à Classe operaia jusqu’à son réengagement au sein du PCI et à ses réflexions sur l’autonomie du politique) et sur les devenirs de l’opéraïsme, ainsi que sur la spécificité de ce courant par rapport aux différentes figures du « marxisme occidental » (Lukács, Gramsci, Althusser, l’école de Francfort) ou aux innovations philosophiques qui ont marqué la seconde moitié du XX° siècle (Deleuze et Guattari, Foucault). Mais il s’agira aussi d’interroger l’usage qu’il est possible de faire, aujourd’hui, des thèses développées dans Ouvriers et capital.

La conjoncture dans laquelle intervenait Mario Tronti a en effet été suivie par une véritable restauration, couramment identifiée dans les sciences sociales à un « tournant néolibéral ». Le passage qui a conduit à cette nouvelle configuration sociohistorique s’est opéré à travers deux processus d’érosion quasiment contemporains : d’un côté, des luttes sociales très fortes et très disséminées qui ont remis en cause, par le bas, les rapports sociaux de l’époque, en revendiquant davantage d’autonomie et une plus grande possibilité d’autoréalisation de soi dans et, surtout, au-delà du travail. De l’autre, une réponse d’en haut à cette ingouvernabilité progressive de la société, destinée à rétablir le commandement sur le processus économique et à relancer la valorisation du capital. Les différentes transformations socio-historiques apparues au tournant des années 1960-1970 (mondialisation financière des régimes d’accumulation, modification de la forme-État, changement des processus productifs, mutation des subjectivités mises au travail, etc.) concourent à rendre problématiques certains des axiomes centraux de l’opéraïsme trontien : que faire, par exemple, de l’idée selon laquelle le développement capitaliste répond à l’initiative ouvrière lorsqu’en occident du moins, la catégorie d’ « ouvriers » ne semble plus désigner un sujet politique identifiable et lorsque les classes dominantes ont manifestement fait preuve de leur capacité à reprendre l’initiative historique ? Que peut signifier la revendication du « refus du travail » dans un contexte marqué par le chômage de masse et la précarisation du marché du travail ? Comment actualiser la relation entre expérience pratique, recherche savante et organisation politique, - l’articulation militante entre « composition technique » et « composition politique » de la classe ouvrière - caractéristique de l’opéraïsme ? Enfin, quelles formes pourrait prendre aujourd’hui l’organisation de l’autonomie des opprimés ?

Cette journée d’études est organisée par Vincent Chanson, Davide Gallo Lassere, Frédéric Monferrand et leGroupe de Recherches Matérialistes.

Date :
Samedi 11 juin 2016
9h15-18h

Lieu :
Université Paris Ouest Nanterre-La Défense
Auditorium du bâtiment W (Max Weber)
200 Avenue de la République, 92000 Nanterre

Intervenant.es

Etienne Balibar, Fabrizio Carlino et Andrea Cavazzini, Collectif de traduction de l’Orda d’oro, Morgane Merteuil, Yann Moulier Boutang, Antonio Negri, Judith Revel, Mario Tronti.

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http://paris.demosphere.eu/rv/48388

samedi 11 juin 2016 à 10h
Lieu : Nanterre
Université Paris 10 / Paris Ouest - Nanterre
200 avenue de la République
Nanterre (92)
RER-A Nanterre-Université
carte
159 rdv pour ce lieu
2 parties : 1 2

Lieu exact dans l’université à préciser.

Appel pour une coordination nationale de lutte

les 11 et 12 juin à Paris

Dans la perspective de la journée de mobilisation nationale du mardi 14 juin et en réponse à l’appel d’Alès pour une coordination nationale des assemblées de lutte, nous appelons à se retrouver le samedi 11 à partir de 10h à la fac de Nanterre pour une journée d’assemblée consacrée à un retour sur les différentes expériences locales de luttes et de mise en perspectives du mouvement contre la loi Travail et son monde.

Voilà maintenant trois mois que le mouvement contre la loi Travail a commencé. Depuis trois mois, nous sommes des milliers à tenter d’alimenter le foyer de la révolte contre la nuit sécuritaire et réactionnaire à l’ombre de laquelle nous vivions depuis trop d’années. Ce mouvement, inespéré il y a encore quelques semaines, a revêtu des formes très différentes au fil du temps et selon les endroits. Formes qui se sont parfois ignorées, parfois imbriquées, mais qui ont le mérite d’avoir permis à la lutte de se prolonger au-delà de l’essoufflement de chacune de ses composantes.

De la vague lycéenne et étudiante du mois de mars, à l’émergence de Nuit Debout en avril, jusqu’à l’entrée en grève de secteurs clés de l’économie ces derniers jours, quelque chose tient, une détermination qui ne se dément pas.

La loi Travail tient à la fois pour peu de choses et pour beaucoup dans cette détermination. Pour peu de choses, car cette nouvelle attaque faite aux conditions d’exploitation n’est pour nombre d’entre nous qu’une actualisation par la loi de pratiques patronales déjà en vigueur. Pour beaucoup, car ce n’est pas par hasard si la confrontation prend de l’ampleur sur le terrain du travail, où nous avons reconnu la misère de notre condition, que l’on soit chômeur-se, précaire ou salarié-e, que l’on cherche du boulot ou que l’on cherche à ne pas en trouver… D’emblée, pour une frange significative du mouvement, la lutte a pris pour cible - visiblement - le monde qui produit la loi Travail, c’est-à-dire un monde où domine le capital, sa capacité à coloniser tous les aspects de nos vies, le devenir-marchandise qu’il promet à chacun-e d’entre nous, sa logique de mort, son État et sa police.

Cette sensibilité s’exprime, en de nombreuses villes, sur les lieux de blocage, les piquets de grève et dans des cortèges de manifestation offensifs toujours plus fournis, matérialisant un refus de se laisser enfermer dans les formes habituelles de la représentation syndicale ou sectorielle. Ces cortèges - démentis en actes de la logique de séparation poursuivie par les politiciens, bureaucrates et autres journalistes - s’accompagnent d’affrontements avec les flics, de pratiques d’actions directes et d’autodéfense médicale et juridique. La forme des manifestations et des actions est une donnée significative du mouvement. Mais elle en exprime également les limites.

Limites en ceci que nous nous sommes heurté-e-s à des difficultés pour faire émerger des espaces d’auto-organisation de la lutte. Ces difficultés tiennent en partie à une répression policière et judiciaire globale, à des stratégies syndicales confuses, et, du coup, à une situation de dépendance vis-à-vis d’un calendrier imposé par les directions des centrales. Elles laissent en tous les cas ouvert le besoin de se saisir du contenu de la lutte, de comprendre ce qui se joue dans cette période de retour de la conflictualité sociale, pour pouvoir agir en conséquence. La nécessité se fait donc sentir d’une rencontre des assemblées, des comités, des groupes, des individus qui ont tenté de prendre en main, depuis le début du mouvement, la question de son autonomie et de son dépassement.

Nous nous associons à l’appel d’Alès qui propose que cette rencontre soit l’occasion de diffuser l’information sur les actions passées et les mobilisations à venir, d’échanger des réflexions, autant sur les enjeux de la lutte que d’ordre plus tactique, de construire une solidarité et/ou une défense collective face à la répression.

Nous appelons tous celles et ceux - assemblées, comités d’actions, collectifs, individus - qui se reconnaîtront dans cette proposition à participer à des journées de coordination les samedi 11 et dimanche 12 juin à Paris. Nous proposons que ces rencontres, précédant l’appel à une manifestation nationale le 14 juin, puissent être l’occasion de nous approprier cette date, et de la déborder pour en faire un moment de débat et d’initiatives visant à renforcer la conflictualité sociale en cours (sans se substituer aux initiatives décentralisées qui auraient lieu par ailleurs).

Nous proposons de nous retrouver le samedi 11 à partir de 10h à la fac de Nanterre pour une journée d’assemblée consacrée à un retour sur les différentes expériences locales de lutte et à une tentative de remettre le mouvement en perspectives (et éventuellement lui en tracer de nouvelles…). La journée du 12 pourrait être dédiée à des discussions et des ateliers thématiques sur toutes les problématiques particulières qui ont émergé au cours dudit mouvement.

Le programme est en cours d’élaboration et devrait comprendre des moments plus informels (cantines, concert…).
Il est bien évidemment soumis à toutes les propositions, étant entendu que la forme des ces rencontres n’appartient pas à celles et ceux qui prendront en charge ses aspects matériels. Le mail doit permettre de recueillir toutes ces propositions, ainsi que toute question concrète relative à la logistique.

En espérant que notre appel résonne et que notre mélange détonne.

Divers gens dont le lien s’est construit dans le cortège de tête des manifs parisiennes

Contact :

cortege-de-tete@riseup.net

Lien : http://paris.demosphere.eu/rv/48388
Source : https://paris-luttes.info/appel-pour-une-coor...

1 2
Programme (provisoire) :

Samedi 11 : Assemblées plénières

10h : Retour sur les différentes expériences de luttes locales.
13h : un repas sera prévu !
15h : Perspectives du mouvement et manifestation nationale du 14 juin. Quelles suites ? Quelles envies ?
20h : un autre repas sera prévu !
Le soir : Jeu surprise ! Ramène une lampe de poche...
Dimanche 12 : Ateliers et discussions

Discussions en plus petits groupes : ce sont des pistes de discussions que l’on précisera ensemble sur le moment.
Auto-média : Discussion sur les médias libres pendant les mouvements. Quels usages ? Quelles limites ? Place de l’image ? Etc.
L’anti-patriarcat dans la lutte.
Cortège de tête - matin (retour d’expériences et envies en prévision du 14 juin).
Défense juridique collective (à confirmer)
etc. : toutes propositions de débats sont les bienvenues !
13h : pas de repas prévu ! Amenez de quoi grignoter tou-te-s ensemble !
Ateliers à confirmer et affiner ensemble
Formation streets-medics.
Cortège de tête - après midi (ateliers pratiques).
etc. : toutes propositions d’ateliers sont également les bienvenues !
19h : Retour collectif sur les deux journées
20h : un repas final sera prévu !
Logistique

Si vous avez besoin de couchage (pensez à apporter votre duvet), faîtes-le-nous savoir à cette adresse : cortege-de-tete [at] riseup.net, avec le nombre de personnes concernées.

On prévoit de vous concocter 3 repas (samedi midi/soir, et dimanche soir), du coup dîtes-nous si vous voulez en profiter pour qu’on sache à peu près pour combien de personne on doit cuisiner !

Venez avec vos envies et propositions, le programme est ouvert !
Pour toute question ou envies : cortege-de-tete@riseup.net

Source : https://paris-luttes.info/appel-pour-une-coor...
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informations complémentaires et commentaires ajoutés par les lecteurs du site
Ajout d’un pré-programme Par Anonyme, le 09/06/2016 à 00:10
Le programme va encore évoluer et est à suivre ici :

http://paris-luttes.info/appel-pour-une-coordination-6006

AU 09/06 :

Samedi 11 : Assemblées plénières

10h : Retour sur les différentes expériences de luttes locales.
13h : un repas sera prévu !
15h : Perspectives du mouvement et manifestation nationale du 14 juin. Quelles suites ? Quelles envies ?
20h : un autre repas sera prévu !
Le soir : Jeu surprise ! Ramène une lampe de poche...
Dimanche 12 : Ateliers et discussions

Discussions en plus petits groupes : ce sont des pistes de discussions que l’on précisera ensemble sur le moment.
Auto-média : Discussion sur les médias libres pendant les mouvements. Quels usages ? Quelles limites ? Place de l’image ? Etc.
L’anti-patriarcat dans la lutte.
Cortège de tête - matin (retour d’expériences et envies en prévision du 14 juin).
Défense juridique collective (à confirmer)
etc. : toutes propositions de débats sont les bienvenues !
13h : pas de repas prévu ! Amenez de quoi grignoter tou-te-s ensemble !
Ateliers à confirmer et affiner ensemble
Formation streets-medics.
Cortège de tête - après midi (ateliers pratiques).
etc. : toutes propositions d’ateliers sont également les bienvenues !
19h : Retour collectif sur les deux journées
20h : un repas final sera prévu !
Logistique

Si vous avez besoin de couchage (pensez à apporter votre duvet), faîtes-le-nous savoir à cette adresse : cortege-de-tete [at] riseup.net, avec le nombre de personnes concernées.

On prévoit de vous concocter 3 repas (samedi midi/soir, et dimanche soir), du coup dîtes-nous si vous voulez en profiter pour qu’on sache à peu près pour combien de personne on doit cuisiner !

Venez avec vos envies et propositions, le programme est ouvert !
Pour toute question ou envies : cortege-de-tete [at] riseup.net